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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 16:31

 

 

Hier soir, je suis allée voir le film d'animation singapourien d'Eric Khoo Tatsumi qui rend hommage au fondateur du gekiga Yoshihiro Tatsumi, dont l'autobiographie Une vie dans les marges est publiée en France aux éditions Cornelius.

 

Le film est construit de façon originale pour un film d'animation : la partie autobiographique en couleurs alterne avec les histoires de Tatsumi, animées en noir et blanc. Le réalisateur a choisi un genre d'animation peu conventionnel et dont le résultat reste très fidèle au trait de Tatsumi et à ses mangas.

 

Côté biographie, on apprend peu de choses... Tatsumi est né à Osaka en 1935, c'est son grand frère qui lui a transmis la passion du dessin. Son père aidait peu sa famille, c'est donc sa mère et lui (dès qu'il le pût) qui faisaient bouillir la marmite. Il participa (et gagna) à de nombreux concours avant de se faire repérer par un éditeur. Ensuite, il tente de vivre de sa passion et déménage à Tokyo où il rencontre son épouse. C'est aussi là qu'il publiera avec d'autres auteurs le manifeste du gekiga, qui est à peine expliqué dans le long métrage. Ce sont finalement les histoires de Tatsumi intercalées entre deux épisodes biographiques qui nous en apprenent plus sur ce genre de manga.

 

tatsumi2.jpg

 

Connaissant mal l'oeuvre de Tatsumi, je ne sais pas si la sélection d'Eric Khoo est représentative mais en tous cas elle ne peut pas laisser indifférent !

Avis aux déprimés : attention ! Les oeuvres du maître, lui-même admirateur d'Osamu Tezuka dont il s'est pourtant s'éloigné, sont sombres et torturées : folie, inceste, meurtre, dépression... l'âme humaine est décortiquée, montrée dans toute sa noirceur mais avec avec empathie et une certaine tendresse.

 

Les héros des histoires de Tatsumi, écrites dans les années 70 laissent transparaître un profond malaise, dans la société assurément, dans la tête de l'auteur aussi sans doute... Comme les autres dessinateurs de sa génération (qui ont connu la seconde guerre mondiale, les bombes atomiques, l'occupation américaine), le dessin de ce genre d'histoires a sans doute été un moyen de digérer le traumastisme.

 

Toutefois, c'était un peu trop à mon goût, surtout que la dernière histoire traîte d'un inceste entre un père et sa fille, prostituée. Le dessin assez abrupt et un peu daté (les 70's quand même !) n'adoucissait pas beaucoup le propos assez extrême et glaucque. Bref, je recommande ce film aux amateurs de mangas d'auteurs, mais je conseille plutôt de lire les deux tomes de l'autobiographie de Tatsumi pour apprendre plus sur l'homme et le milieu éditorial de l'époque.

 

Bonus : une interview de Tatsumi à lire ici.

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