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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 19:53

 

 

The murderer ou <spoil> comment un adultère finit en boucherie...

 

Ce film coréen de Na Hong-jin avec Kim Yun-seok, Ha Jung-woo (vu dans Souffle et Time de Kim Ki-duk et Never, forever de Gina Kim), et Jo Seong-ha dure 2 h 20 et s'avère être un des films les plus sanguinolants que j'ai vu. 

Les deux acteurs principaux jouaient déjà dans The chaser, le précédent film du réalisateur. Quant à Jo Seong-ha, c'est un acteur assez prolifique en Corée où il alterne films et dramas (récemment Romance town). Rien à redire donc côté casting, ni même sur la qualité technique du film.

 

the-murderer-affiche2Là où cela pêche, c'est côté histoire...

Le résumé d'abord : Yanji, ville chinoise de la Préfecture de Yanbian, coincée entre la Corée du Nord et la Russie. Gu-nam (Ha) est un joseonjok (chinois d'origine coréenne), chauffeur de taxi. Il mène une vie misérable et est criblé de dettes. Depuis six mois, il est sans nouvelles de sa femme, partie en Corée du Sud pour chercher du travail. Myun (Kim), un parrain local, lui propose de l’aider à passer en Corée pour retrouver sa femme et même de rembourser ses dettes. En contrepartie il devra simplement y assassiner un inconnu. Mais rien ne se passera comme prévu… il va bientôt être pousuivi par la police et la pègre locale (dont le parrain est joué par Jo).

 

Le film suit le personnage de Gu-nam ; il divisé en quatres chapitres. La première partie se déroule en Chine et montre la vie et les problèmes du héros dans son pays. Avec la suivante où Gu-nam prépare le meurtre de celui qu'il doit assassiner, le film reste certes un peu violent mais n'a pas encore basculé dans l'effusion de sang. Ce sont deux chapitres qui traitent du côté social et psychologique des personnages.

 

C'est donc dans les deux dernières parties que la violence monte crescendo : on se bat au couteau, à la hache, à la clé à molette (ou avec tout ce qui tombe sous la main comme un... os !) dans des endroits crasseux et miteux.

Ce côté difficilement soutenable ne doit pas faire oublier le côté plus policier du film : quand le héros recherche sa femme puis celui qui l'a dupé, quand le mafieux cherche à comprendre pourquoi son plan a échoué.

 

L'intrigue s'avère complexe et on s'y perd un peu. De nombreuses invraissemblances enlèvent du charme au film : les policiers sont presque TOUS des abrutis, le héros qui échappe TOUJOURS aux courses poursuites - même avec des chiens ! -, les blessés guérissent facilement de leurs blessures, un homme au crâne fracassé arrive à balbutier in extrémis les mots qui expliquent ses choix...

 

On a l'impression que le réalisateur a eu trop d'ambition... Son film est-il un polar, un film d'horreur (vu la quantité d'hémoglobine !) ou une métaphore sur la condition des joseonjok (rejettés à la fois par les chinois et les coréens) et donc un film social (comme le titre anglais Yellow sea - la mer jaune qui sépare Chine et Corée - le laisse sous-entendre) ?

Sans doute est-il les trois à la fois (l'horreur est humaine) mais ce mélange n'est pas des plus judicieux et on sort de la salle un peu déconcerté et déprimé tant ce long-métrage est sans espoir. Toutefois le réalisateur a du savoir-faire (il sait faire monter le suspense) et les acteurs du talent. Si vous avez le coeur bien accroché et le moral au beau fixe, je vous le conseille.

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Published by enviedasie - dans Cinéma
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